Le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a publié son rapport annuel sur le sexisme en France. Ce document met en évidence une fracture grandissante au sein de la société sur les questions de genre. D’un côté, une prise de conscience se renforce, notamment grâce aux mouvements féministes et aux dénonciations du sexisme. De l’autre, des discours opposés se structurent et se radicalisent.
Ces discours masculinistes se manifestent dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans le monde politique. Ils ont des conséquences directes sur la vie des femmes, toujours confrontées à des inégalités persistantes et à des violences sexistes et sexuelles.
Une libération inquiétante de la parole sexiste
Le rapport souligne une présence accrue du sexisme dans l’espace public. Les médias, en particulier, jouent un rôle ambigu. D’un côté, ils traitent davantage les violences faites aux femmes. De l’autre, des discours antiféministes et masculinistes gagnent du terrain.
Le phénomène de « backlash », réaction hostile aux avancées féministes, s’intensifie. Certains médias et personnalités minimisent, voire tournent en dérision, les violences sexistes et sexuelles. Les propos sexistes sont rarement contestés, renforçant leur banalisation.

Les réseaux sociaux amplifient cette tendance. L’hostilité envers les militantes féministes y est particulièrement forte. Des figures masculinistes, souvent influencées par des idéologies venues des États-Unis, gagnent en popularité.
Cette radicalisation alimente une vision conflictuelle des rapports entre les sexes.
Des inégalités qui persistent dans tous les domaines
Malgré une prise de conscience collective, les inégalités entre les femmes et les hommes restent marquées.
- Dans la sphère professionnelle, les écarts de salaires demeurent importants. Les femmes accèdent moins aux postes à responsabilité et sont plus touchées par la précarité.
- Dans la vie privée, elles assument encore la majorité des tâches domestiques et éducatives.
- Dans la vie politique, elles restent sous-représentées et subissent davantage de violences et d’attaques sexistes.
Le rapport met également en lumière une hausse des violences sexistes et sexuelles. En 2024, les signalements ont augmenté, confirmant une prise de parole plus fréquente des victimes, mais aussi une persistance alarmante des agressions.

Les stéréotypes de genre continuent d’influencer les comportements et les attentes sociales. Les médias, la publicité et même la littérature jeunesse véhiculent encore des images traditionnelles des rôles masculins et féminins.
Vers une société sans sexisme ?
Face à ce constat préoccupant, le HCE propose plusieurs actions pour lutter contre le sexisme.
- L’éducation est une priorité. 9 Français·es sur 10 soutiennent l’instauration de cours à l’éducation à la vie affective et sexuelle. Cette mesure est même perçue comme la plus efficace contre le sexisme pour 7 Français·es sur 10. Apprendre dès le plus jeune âge à déconstruire les stéréotypes pourrait avoir un impact durable.

- La représentation des femmes doit être améliorée dans tous les domaines : politique, médias, entreprises. Une meilleure visibilité permettrait de combattre les préjugés et de favoriser l’égalité des chances.
- Le renforcement des sanctions contre les propos et actes sexistes est également une nécessité. Trop souvent, les discours misogynes ou le harcèlement des femmes dans l’espace public restent impunis.
Ce rapport 2025 montre une société en tension. Le sexisme ne disparaît pas, mais la résistance s’organise. Pour réduire cette polarisation, il est essentiel de poursuivre les efforts, et notamment en matière d’éducation à la vie affective et sexuelle.