Sénat IVG constitution
Voici la retranscription de la prise de parole au Trocadéro le 4 mars à la suite du vote de la constitutionalisation de l’interruption volontaire de grossesse au Sénat.

Bonjour à toustes, merci pour votre mobilisation, merci d’être là pour célébrer cette victoire !

Cette victoire, c’est la défaite des mouvements antichoix, anti-droits et anti genre. Leurs efforts pour revenir en arrière sur le cadre législatif du droit à l’IVG, pour diffuser leur rhétorique réactionnaire et dangereuse pour les droits des femmes et des minorités de genre, ont été vains. Notre victoire est leur défaite !
Mais cette victoire, ce n’est que le début ! Nous le savons, nous l’avons dit, cette entrée de la liberté garantie de recourir à l’IVG dans la constitution est le résultat d’un compromis. Nous voulions l’entrée du droit à l’avortement, et non pas de la liberté. Nous voulions cette garantie pour toutes les personnes susceptibles d’être enceintes, et pas que pour les femmes. Le gouvernement et les parlementaires nous ont assuré que la liberté avait la même valeur qu’un droit, que la mention du terme « femme » n’empêcherait personne d’accéder à l’IVG. Nous serons là pour leur faire tenir parole !


Cette victoire, et le soutien de toute la société derrière nous, nous redonne de la force pour le long chemin qui nous reste : il faut désormais s’assurer que l’accès à l’avortement soit effectivement garanti, sur l’ensemble du territoire. Il faut mettre un terme aux fermetures des centres IVG, à la baisse des moyens alloués au secteur de la santé et aux associations, il faut plus de moyens pour que l’accès à l’avortement se fasse dans de bonnes conditions, indépendamment des situations économiques et géographiques des personnes y ayant recours.
Cette victoire, c’est celles des militant∙es féministes qui se mobilisent depuis des années pour cette inscription historique dans notre constitution. C’est une victoire intergénérationnelle, où les militant∙es féministes d’aujourd’hui reposent sur les épaules de celleux d’hier, merci à elles et eux.


Nous remercions les parlementaires des groupes de gauche de l’Assemblée et du Sénat, qui ont permis de faire rentrer cette revendication dans l’agenda parlementaire, merci pour leur mobilisation qui aboutit aujourd’hui.
Mais nous refusons l’instrumentalisation de ce moment par la majorité, qui n’a eu de cesse de prouver que la grande cause des deux quinquennats n’est qu’une façade. Dans un contexte de baisse de 10 milliards d’euros du budget de l’Etat, nous refusons que le gouvernement s’approprie cette victoire, alors qu’il refuse de mettre les moyens et les actions concrètes derrière ses prétentions et
menace de couper les subventions des associations féministes, qui continuent jour après jour à mener des missions d’intérêt général.

Certain∙es diront que cette entrée de l’IVG dans la constitution n’est qu’un symbole. Mais quel symbole ! La France est le premier pays du monde à accorder une telle protection à la liberté de recourir à l’avortement. Nous l’avons dit, nous aurions voulu plus, mais cela est déjà une avancée majeure pour freiner plus efficacement à l’avenir tout recul de nos droits, pour inspirer d’autres mobilisations ailleurs dans le monde et redonner de l’espoir à toustes les militant∙es féministes des Etats-Unis, d’Hongrie, d’Italie, d’Argentine, et ailleurs, qui vivent un contexte intense de répression des droits sexuels et reproductifs. Cette victoire, c’est aussi la leur, dans un contexte où l’extrême droite semble gagner du terrain partout.

Nous ne les laisserons pas gagner, ni en France, ni ailleurs, et toujours dans la solidarité, nous continuerons à lutter pour les droits sexuels et reproductifs de tout le monde, partout et toujours !

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