Éducation à la sexualité : à l’Assemblée nationale, des député·es sensibilisé·es à l’EVARS face aux résistances persistantes

Image sur fond orange représentant 2 personnes qui animent une séance d'EVARS devant des tribunes style Assemblée Nationales

à l’Assemblée nationale, des député·es vivent une séance d’EVARS

Le 2 décembre 2025, une vingtaine de député·es se sont retrouvé·es à l’Assemblée nationale pour participer à un atelier d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS).

Une initiative portée par le collectif Pour une véritable éducation à la sexualité, qui réunit plusieurs associations féministes et de santé, dont le Planning familial. L’objectif : rappeler ce que recouvrent réellement ces séances, déconstruire les idées reçues et alerter sur une loi ancienne… mais toujours largement inappliquée.

Image sur fond orange représentant 2 personnes qui animent une séance d'EVARS devant des tribunes style Assemblée Nationales

Une obligation légale depuis plus de vingt ans

L’éducation à la sexualité à l’école n’est pas une nouveauté. Elle est obligatoire depuis la loi du 4 juillet 2001, qui prévoit au moins trois séances annuelles d’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées, adaptées à l’âge des élèves. Pourtant, plus de vingt ans après, cette obligation reste très largement théorique : selon plusieurs rapports institutionnels, moins de 15 % des élèves bénéficient effectivement de ces séances.

Ce non-respect de la loi a récemment été reconnu par la justice. En décembre 2025, l’État français a été condamné pour manquement à ses obligations, à la suite d’un recours engagé notamment par le Planning familial, SOS Homophobie et Sidaction. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’atelier organisé à l’Assemblée nationale.

Sensibiliser les parlementaires… et remettre les faits au centre

Organisée avec le soutien de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, cette séance avait aussi une portée politique. En pleine période de débats budgétaires, il s’agissait de rendre visible un sujet souvent relégué au second plan, malgré ses enjeux majeurs en matière de prévention des violences, de santé publique et d’égalité.

Les associations ont présenté concrètement le contenu des séances EVARS, en distinguant l’EVAR (éducation à la vie affective et relationnelle) à l’école primaire, et l’EVARS, qui intègre la sexualité au collège et au lycée. Loin des fantasmes relayés par certains opposants, ces séances abordent des thèmes comme le respect du corps, le consentement, l’égalité filles-garçons, la prévention des violences sexuelles, la contraception, ou encore la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

Désinformation et offensives réactionnaires

Depuis plusieurs mois, l’EVARS fait l’objet de violentes attaques de la part de groupes conservateurs et anti-choix, qui dénoncent une prétendue « sexualisation des enfants ». Ces discours, largement relayés sur les réseaux sociaux, reposent sur une vision essentialiste, normative et souvent anti-LGBTQI+ de la sexualité et des relations humaines.

En réalité, ces campagnes de désinformation fragilisent encore davantage la mise en œuvre d’un dispositif déjà très insuffisant. Elles contribuent à instaurer un climat de méfiance, voire de peur, chez certain·es enseignant·es et chef·fes d’établissement, et ouvrent parfois la porte à des interventions d’associations non agréées, notamment dans le privé hors contrat, avec des contenus éloignés du programme officiel.

Pourquoi le rôle des associations est essentiel

Face à ces résistances, les associations spécialisées jouent un rôle central. Leur expertise, leur approche positive, inclusive et fondée sur les droits, ainsi que leur capacité à intervenir en binôme avec les professionnel·les de l’Éducation nationale, permettent de proposer des espaces de parole sécurisés pour les enfants et les adolescent·es.

Ces séances sont aussi souvent des moments clés de révélation de violences ou de situations de mal-être, nécessitant une prise en charge rapide. À ce titre, former, financer et reconnaître le travail des associations n’est pas un luxe, mais une condition indispensable pour appliquer enfin la loi.

Un enjeu démocratique et de santé publique

L’atelier organisé à l’Assemblée nationale a sans doute aussi une dimension symbolique, voire de communication. Mais il rappelle une réalité incontournable : ne pas appliquer l’EVARS, c’est exposer les jeunes à davantage de violences, de discriminations et de risques pour leur santé. À l’inverse, une éducation à la sexualité complète et inclusive est un outil essentiel d’émancipation, de prévention et d’égalité.

Plus de vingt ans après le vote de la loi, la question n’est donc plus de savoir s’il faut une éducation à la sexualité, mais quand et comment l’État se donnera enfin les moyens de la rendre effective, sur tout le territoire, pour toutes et tous.

Pour aller plus loin :

https://basta.media/Evars-contre-desinformation-des-deputes-sensibilises-education-sexualite

Vous avez des questions sur L’EVAR·S ?

0 800 08 11 11 – IVG, contraception, sexualités (Planning Familial)
Pour toute question sexualité, contraception, IST ou grossesse. Numéro gratuit, anonyme, accessible selon zones (Hexagone & DOM)

  • Horaires :
    • Samedi de 9h à 20h en hexagone
    • Du lundi au vendredi de 5h à 17h dans les Antilles
    • Du lundi au vendredi de 8h à 18h dans l’Océan Indien.
  • En voyage ? en déplacement ? le numéro est disponible au +33148 07 10 57

Tchat – IVG, contraception, sexualités (Planning Familial)
Pour toute question sexualité, contraception, IST ou grossesse. Tchat gratuit, anonyme, accessible selon zones (Hexagone & DOM)

  • horaires :
    • Du lundi au vendredi : 9h à 20h
    • Samedi : 17h à 20h
  • Accessible ici

Publications similaires

  • Présentation : Aller au Planning oui, mais pour y faire quoi ?

    Rappel : Présentation du mouvement Les centres du Planning Familial sont présents un peu partout sur le territoire. Connus de nom, une petite présentation des missions s’impose. Tout d’abord différencions les structures appartenant au Mouvement Français du Planning Familial (MFPF) des lieux gérés par les villes, communes ou intercommunalités. Si les objectifs semblent être identiques, le…

  • Prise de parole du 4 mars du Planning Familial au Trocadéro à Paris

    Bonjour à toustes, merci pour votre mobilisation, merci d’être là pour célébrer cette victoire ! Cette victoire, c’est la défaite des mouvements antichoix, anti-droits et anti genre. Leurs efforts pour revenir en arrière sur le cadre législatif du droit à l’IVG, pour diffuser leur rhétorique réactionnaire et dangereuse pour les droits des femmes et des minorités…

  • Augmentation du délai pour effectuer un avortement en France

    Le DÉLAI POUR RÉALISER UNE IVG passe de 12 à 14 SEMAINES DE GROSSESSE : certaines femmes n’auront plus à aller avorter à l’étranger ! La proposition de loi a été portée par Madame la députée Albane Gaillot. le Sénat et l’Assemblée Nationale ont définitivement adopté l’allongement du délai légal à 14 semaines de grossesse. Le…

  • Le CESE rend son avis sur l’EVARS

    Le 10 septembre 2024, après une année de travail, le CESE a voté son avis et ses recommandations sur l’EVARS. C’est quoi le CESE ? C’est quoi l’EVARS ? Pourquoi c’est important ? Décryptage. C’est quoi le CESE ? Le CESE, ou Conseil Économique, Social et Environnemental, est une assemblée constitutionnelle comme l’assemblée générale ou le…

  • Evars : C’est quoi ?

    Le programme EVARS pour : éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité a été adopté à l’unanimité le jeudi 30 janvier 2025. Evars : de la maternelle à la terminale L’objectif de ce programme es d’accompagner la construction, dès le plus jeune âge de la notion de respect. Respect envers soi et envers…

  • La Fondation des Femmes et le Planning familial s’allient pour le droit à l’IVG

    Le Planning familial assure depuis sa création la diffusion de l’information de qualité,notamment grâce au numéro vert national « Sexualités, Contraception, IVG » (0800 08 11 11). Pour continuer sa mission, il lui est essentiel de développer de nouveaux outils numériques pour répondre aux usages et contrer la diffusion de mauvaises informations.C’est pourquoi, la Fondation des…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *